Port de Honiara, pêcheurs
Les habitants des îles du Pacifique exploitent habilement leur environnement marin suivant des modalités techniques qui varient de pays en pays. Au cours des deux dernières décennies, la généralisation du moteur hors-bord sur les petites embarcations a transformé les activités halieutiques régionales. Toutefois, en raison du manque d’unités opérationnelles locales, la pêche hauturière est pratiquée dans un nombre limité d’îles ou d’États au profit des puissances étrangères. Celles-ci, au terme d’un marchandage serré avec l’Agence des pêches du forum du Pacifique, achètent des droits de pêche leur donnant accès aux eaux nationales. À la fin des années 1980, on estimait à 95 % les prises effectuées par les bateaux étrangers.

Avec les négociations, les parties s’entendent sur le tonnage, les espèces et les lieux de capture. Mais la faiblesse des méthodes de surveillance et de contrôle des États insulaires engendre dans certains cas le pillage par les flottilles étrangères. Toutefois, les délits démasqués de ces flottilles entraînent des tensions diplomatiques et de sévères sanctions. En 1986, l’Agence des pêches signait un traité avec les États-Unis : en échange d’un permis d’exploitation dans les eaux du Pacifique intertropical, l'Agence leur imposait une redevance globale de 60 millions de dollars US pour cinq ans et des redevances nationales correspondant à environ 7 % des captures. La même année, de nouvelles espèces, tel que le germon, attiraient l’attention des Américains et des Japonais, contribuant à l’extension du territoire de pêche de surface. L'arrivée de nouveaux bateaux hauturiers étrangers (d'Asie et de Russie) et la surveillance défaillante ont favorisé une exploitation massive et sans merci du germon. Plusieurs organismes non gouvernementaux impliqués dans la protection de l’environnement et auxquels s’est joint le Forum du Pacifique ont réagi à cette exploitation abusive.

Depuis, des entreprises mixtes émergent : les puissances étrangères fournissent les flottilles de bateaux dont certains sont offerts aux pays hôtes. De plus, on traite les produits dans des ensembles industriels localisés à proximité des ports, comme aux îles Salomon, Samoa et Fidji. Cette stratégie génère des emplois et des revenus par le biais de redevances aux États du Pacifique. Ces emplois demeurent toutefois précaires et aléatoires, notamment en raison de la surexploitation de la ressource, de l’absence de flottes nationales et le manque de moyens pour réglementer les activités des flottilles étrangères.

Des activités de cueillette connaissent également d’intéressants développements lucratifs en Océanie : l’exploitation de corail noir, de troche (Trochus niloticus), coquillage duquel on extrait la nacre, et des perles de culture qui représentent 58 % des exportations locales de la Polynésie française.