Continent d'eau  Premiers marins   Enjeux contemporains
  Page précédente  Plan du parcours  Page suivante
  16e siècle  17e siècle   18e siècle   19e siècle   20e siècle
Louis-Antoine de Bougainville (1766 à 1769)

Louis-Antoine de Bougainville naît le 11 novembre 1729 à Paris. Très jeune, il s’intéresse aux mathématiques et aux voyages. Il quitte l’école de droit à laquelle sa famille le destinait, pour embrasser une carrière militaire. Devenu aide de camp, il accompagne le marquis de Montcalm au Canada et se démarque au point d’obtenir le grade de colonel à 30 ans.

Après sa mission en terre canadienne, Bougainville se tourne vers la marine. En 1763, on le charge de fonder une colonie française dans les îles Malouines, dans l’océan Atlantique, accompagné de familles acadiennes qui regagnaient la France. En 1766, la colonie française est aux prises avec l’Espagne, qui revendique l’île à titre de dépendance naturelle de l’Amérique du Sud. Bougainville assure donc la passation des pouvoirs, puis il part pour l’Indonésie par la mer du Sud.

En décembre 1766, Bougainville quitte Nantes à bord de la Boudeuse. Il est alors le premier Français à entreprendre un voyage autour du monde. L’équipage comprend 11 officiers et 206 marins, matelots, soldats volontaires, mousses et domestiques. En mars 1767, la Boudeuse jette l’ancre aux îles Malouines pour ensuite mettre le cap sur Rio de Janeiro et y demeurer quatre mois. En novembre 1767, le navire reprend la mer et atteint le Pacifique en janvier 1768. Bougainville aperçoit alors Tahiti, qu’il baptise Nouvelle-Cythère. Le capitaine y vante l’accueil des Tahitiens et la beauté de la végétation. Pendant quatre mois, la relation entre les insulaires et les Français oscille entre la peur, la guerre, l’amitié et le plaisir. Bougainville observe minutieusement les us et coutumes des habitants. Il confirme la pensée de Rousseau pour qui « tous les hommes naissent naturellement bons »; les Tahitiens lui semblent, en effet, étrangers à toute corruption.

Après avoir quitté Tahiti en avril 1768, la navigation se complique entre les archipels de la mer du Sud. Faute de cartes exactes, les marins doivent à tout instant mesurer la profondeur de l’eau pour éviter le naufrage. Ils font escale aux Samoa, à Vanuatu, aux Salomon, en Nouvelle-Guinée et aux Moluques. À chaque arrêt, les Français tentent d’entretenir de bonnes relations avec leurs hôtes, d’abord pour commercer, mais aussi pour comprendre leur système culturel. L’image enchanteresse d’hommes naturellement bons se modifie à mesure que s’enveniment les rapports entre les marins et d’autres populations. Atteint du scorbut et souffrant de famine, l’équipage arrive finalement au principal comptoir de la colonie hollandaise, à Batavia, en septembre 1768. Une fois les hommes soignés, le voyage de retour s’amorce. La Boudeuse accoste à Saint-Malo le 3 mars 1769, après un voyage de 28 mois.

Bougainville, un navigateur, mathématicien et soldat français a largement contribué à la science et à la géographie du 18e siècle en localisant avec précision quelques îles et archipels et en effectuant le relevé topographique d’une partie des îles Salomon. En mer, Bougainville a noté chaque longitude. Grâce à ces précisions, on a pu donner à la carte du Pacifique ses dimensions exactes. Le récit de voyage de Bougainville a jeté les assises des futures explorations françaises dans le Pacifique et est à l’origine de la légende de Tahiti, île paradisiaque des mers du Sud.