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Portrait de James Cook, carte des explorateurs
James Cook - 1768-1771 : le premier voyage

Le 27 octobre 1728 dans le Yorkshire, en Angleterre, naît James Cook. Très jeune, il se fascine pour la mer. Voyant son grand intérêt, une famille propriétaire de bateaux l’embauche comme apprenti à l’âge de 17 ans. Cook s’initie parallèlement aux mathématiques et à la navigation. À 27 ans, il s’enrôle dans la marine Royale comme officier. Grâce à ses talents rapidement reconnus, il devient maître de son propre bateau, le Pembroke, deux ans plus tard. Sa première mission consiste à cartographier le fleuve Saint-Laurent, au Canada. Cette carte détaillée des côtes canadiennes permettra plus tard aux Britanniques d’assaillir la ville de Québec par voie maritime, en 1759. À 34 ans, James Cook épouse Elizabeth Batts de Shadwell. En raison des nombreux voyages de Cook, les époux vivront séparés durant de longues périodes.

En 1768, la réputation de Cook n’est plus à faire. Grâce à ses exploits, le ministère de la Marine le mandate pour diriger une expédition dans l’océan Pacifique. Cette mission vise à explorer de nouvelles terres et à observer le passage de la planète Vénus. En effet, en 1716, Edmund Hally avait émis l’hypothèse selon laquelle le chronométrage du passage de Vénus devant le Soleil indiquerait la distance qui sépare celui-ci de la Terre. C’est pourquoi la Royal Geographic Society propose que des observateurs, postés à trois endroits différents dans le monde, calculent la distance entre la Terre et le Soleil lors de l’éclipse prévue le 3 juin 1769. L’Angleterre envoie donc des observateurs dans la baie d’Hudson, au nord de la Norvège et dans les îles du Pacifique.

Cook choisit l’Endeavour pour ses capacités de navigation et de transport de matériel. Onze scientifiques accompagnent l’équipage de 80 marins, dont Charles Green, assistant à l’observatoire de Greenwich, Joseph Banks, botaniste, Daniel Solander, naturaliste, et Sydney Parkinson, peintre naturaliste. L’Endeavour quitte le port de Plymouth en août 1768. Il traverse l’Atlantique et passe le cap Horn, pour entrer dans les eaux du Pacifique le 27 janvier 1769. Le navire jette l’ancre à Tahiti en juin 1769, deux ans après le passage de Samuel Wallis. Les Tahitiens voient avec crainte arriver les Européens, mais le chef du village ayant reconnu quelques marins de l’expédition de Wallis, les accueille chaleureusement sur l’île. Pendant les trois mois suivants, Cook s’initie systématiquement à la culture tahitienne. Il tente de connaître et de comprendre ce peuple, notamment par l’étude des coutumes locales, de la musique, de la pêche, de la chasse, de la religion, des vêtements. Il effectue aussi un relevé cartographique des côtes tahitiennes et décrit, par la même occasion, la faune et la flore.

Le passage de la planète Vénus observé avec succès le 3 juin 1769, et donc la première partie de son mandat étant accomplie, Cook quitte Tahiti le 9 août 1769, avide de confirmer ou d’infirmer l’existence d’un continent dans l’hémisphère sud. L’Endeavour part donc à la quête du continent austral. Or, les mauvaises conditions climatiques contraignent l’équipage à obliquer vers le sud-ouest. Ainsi, en octobre 1769, le navire accoste à Poverty Bay, en Nouvelle-Zélande. Cook, premier Européen à visiter cette grande île, la déclare possession britannique. L’hostilité marque sa première rencontre avec la population locale, les Maoris, qui accueillent l’équipage à la pointe de leurs lances. Une escarmouche s’ensuit et un Maori meurt sous les balles des fusils européens.

Pendant près de six mois, l’équipe explore les côtes de la Nouvelle-Zélande, mais les hommes de Cook demeurent méfiants. Malgré les difficultés du premier contact, Cook réussit à étudier les populations locales. Dans son journal de bord, il se dit mal à l’aise face aux réactions et à l’accueil des autochtones de la Nouvelle-Zélande; il ne sait jamais comment se comporter pour établir la communication. Après cette aventure chez les Maoris, Cook note que les gens du Pacifique semblent vivre en parfaite harmonie avec la terre et la mer et paraissent plus heureux que les Européens, leur mode de vie étant plus sain, plus naturel.

L’équipage quitte finalement la Nouvelle-Zélande et aborde en Australie, déclarée possession britannique à son tour. Après l’exploration de l’est de l’Australie, Cook reprend la direction de l’Angleterre le 12 juin 1771 et fait escale à divers endroits sur sa route : Nouvelle-Guinée, Java et cap de Bonne-Espérance. Plusieurs marins sont victimes du scorbut et Cook instaure un régime alimentaire à base de fruits et de choucroute, qui sera par la suite prescrit pour tous les voyages en mer.

L’expédition dirigée par James Cook prend fin avec une mission à demi réussie puisqu’il n’a pu ni confirmer ni infirmer l’existence d’un continent au sud du Pacifique. À la fois scientifique, géographe et ethnographe, James Cook a décrit dans un journal de bord détaillé les coutumes des populations autochtones qu’il a rencontrées, de même que les reliefs, la faune et la flore des îles du Pacifique.