Continent d'eau  Premiers marins   Enjeux contemporains
  Page précédente  Plan du parcours  Page suivante
  16e siècle  17e siècle   18e siècle   19e siècle   20e siècle
Portrait d'un Néo-Zélandais
De Surville (1769-1773)

Affaiblie par la guerre de Sept Ans, la Compagnie des Indes (France) est dissoute en 1769. La grande majorité du personnel naval entre alors dans la Marine Royale, qui offre aux aventuriers la chance de commercer avec l’Orient. À l’époque, des rumeurs circulent jusqu’en France au sujet d’une île merveilleuse, l’Australie. Dans l’imaginaire de plusieurs, cette terre serait dotée de richesses fabuleuses. De plus, le voyage de Wallis à Tahiti a accru l’intérêt des Français pour le Pacifique. Une expédition se prépare dans le plus grand secret. À sa tête, on nomme de Surville, âgé de 52 ans, apprécié pour ses qualités d’homme et de marin.

Né à Port-Louis, en Bretagne, en janvier 1717, Surville commence sa carrière maritime à un très jeune âge. Grâce à des liens familiaux avec des membres de la Compagnie des Indes, il effectue un premier voyage vers l’Inde à l’âge de 23 ans.

Le Saint-Jean-Baptiste quitte le Bengale en mars 1769 et débouche dans la mer de Chine méridionale en juillet. Naviguant au gré des vents vers l’est-sud-est, le bateau atteint l’île Choiseul, aux Salomon, en octobre 1769. Les marins tombent alors dans un guet-apens tendu par les insulaires, ce qui contraint Surville à capturer un Salomonais. Il recueillera auprès de lui des informations sur les coutumes et croyances locales. Le reste du séjour se déroulera sans incidents.

Le Saint-Jean-Baptiste prend plus tard la direction du Vanuatu et de Santa Cruz. Les vagues cartes de l’époque ne sont d’aucun secours pour l’équipage et le navire vogue vers la Nouvelle-Zélande, qu’il atteint le 15 décembre 1769. Plutôt méfiants à la suite de leur expérience aux îles Salomon, les Français établissent une relation amicale avec les Maoris. Malheureusement, le climat s’envenime après le vol d’une yole, et Surville quitte la Nouvelle-Zélande le 31 décembre.

Une pénurie d’eau, de bois de chauffage et de vivres ainsi que l’apparition de maladies obligent l’équipage à modifier sa trajectoire et donc à abandonner ses recherches de l’Australie, pour gagner sans délai l’Amérique du Sud.

De Surville meurt noyé à Chilca, le 7 avril 1770, près des côtes de l’Amérique du Sud. Il faudra alors trois années de négociations avec les Espagnols pour que l’équipage français puisse regagner la France. Finalement, commandé par Labbé, le Saint-Jean-Baptiste atteint Port-Louis, en Bretagne, le 20 août 1773; parmi les 173 hommes embarqués en Inde, 79 sont morts au cours du voyage et 28 ont déserté.

De Surville a accompli le premier voyage d’ouest en est dans le Pacifique. L’expédition, complément du premier voyage de James Cook, est allée au-delà des limites d’un continent austral.