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Dieux
Les peuples dOcéanie vivent en interaction avec un panthéon de divinités au sein duquel sinscrivent les ancêtres, des esprits, des dieux spécialisés (guerre, agriculture, création), des génies et parfois un dieu suprême. Une hiérarchie distingue généralement les dieux principaux des divinités inférieures. Pour préserver la bonne entente avec ces êtres invisibles et obtenir leurs faveurs, les vivants leur adressent des prières et leur offrent des sacrifices. Ils observent aussi divers tabous dont la transgression risquerait de provoquer la colère des êtres invisibles envers qui on a des devoirs. Leur courroux peut causer la perte de dents ou de cheveux, la maladie, voire la mort, chez un individu ou un groupe. Les êtres supérieurs transmettent aussi le mana aux humains.
Certaines de ces entités invisibles protègent des groupes circonscrits tels quune famille ou une agglomération, lesquelles leur consacrent un sanctuaire, un temple ou une maison allongée. Sous légide du chef ou du prêtre, médiateurs entre le visible et l'invisible, on y accomplit des rites prescrits à lintention des divinités du lieu. Certains dieux sont parfois attitrés aux maisons. Ainsi, dans la maison des femmes, lorsqu'une d'entre elles est sur le point daccoucher, on invoque laide de plusieurs pouvoirs invisibles. Celui à qui on sadressera au moment où lenfant naîtra le protégera toute sa vie durant car il devient lenfant de cette divinité. Ces dieux, quils soient de maisonnées, dindividus (moi) ou de villages, peuvent se rendre visibles en sincarnant dans un animal particulier (lamentin, crocodile, oiseau, serpent
). Cet animal deviendra un objet de vénération interdit à la consommation.
Un peu partout en Océanie, les motifs développés pour représenter dieux et esprits se retrouvent dans plusieurs formes dexpression artistique telles que tatouages, masques, statues, tablettes votives et armes cérémonielles. En Polynésie, on représente les dieux et les ancêtres par des statuettes appelées tikis. Grâce à la confection de tikis de jade, lart maori sest épanoui considérablement au début des années 1800. À cette époque, leur fabrication durait plusieurs mois. Le personnage humain à tête doiseau fréquemment représenté correspond au dieu Makemake.
L'influence des missionnaires a opéré des transformations au sein du panthéon des divinités ancestrales. Il inclut dorénavant plusieurs entités chrétiennes dont les saints et la Trinité. Des tentatives de syncrétisme réinterprètent les croyances traditionnelles en y cherchant des correspondances entre divinités locales et chrétiennes.
Hélène Giguère, 2000
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