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Funérailles
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Mannequin funéraire rambaramb
Objet 3D [508 Ko] |
Il existe plusieurs types de funérailles et dinhumation en Océanie. Par exemple, on dépose le corps dans une tombe, une grotte ou un mausolée (pour les chefs); ou encore on le jette à la mer pour que les requins le dévorent; ou bien on le laisse se décomposer sur une plate-forme. Là où on pratique les sépultures à deux temps comme à Malaita (îles Salomon), on enterre d'abord le cadavre dans le sable durant une centaine de jours après quoi on en récupère la tête qu'on nettoie et emballe soigneusement dans un contenant puis qu'on dépose dans une sorte de mausolée à reliques. On se débarrasse alors du corps étêté en le jetant sur un dépotoir à déchets tabou. Le grand prêtre du clan, une fois arrivé le moment d'ensevelir le crâne de son propre père, récupérera tous ceux en attente de sépulture dans le mausolée et il ouvrira la fosse où, suite à celui de son père, il les ensevelira dans le cadre d'un grand rituel.
Les Tahitiens, quant à eux, avaient mis au point des techniques dembaumement pour transformer la dépouille dun chef en momie, qu'on exposait pendant un an avant de la mettre en terre dans un cercueil.
Dans certaines communautés de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, on laisse pourrir les morts, abandonnant leurs dépouilles en proie à des charognards. Ensuite, les descendants en récupèrent les os et les conservent comme reliques. On porte certaines en pendentifs ou on les place dans des reliquaires. Dans dautres sociétés, on enterre les morts dans des tombes au-dessus desquelles on érige des structures élaborées, rehaussées de décorations quon entretient pendant de longues périodes.
Faisant partie des funérailles, l'expression du chagrin suite à un décès prend diverses formes. Ainsi à Tahiti, à Samoa, aux îles Carolines, en Nouvelle-Zélande, aux îles Fidji et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, traditionnellement, les proches parents des morts manifestaient leur douleur de façon dramatique, par des hurlements prolongés, en sinfligeant des brûlures, des scarifications ou en sautomutilant par lablation dune phalange de doigt ou d'orteil, ou encore par lextraction de dents. Et on affichait avec fierté de tels signes de deuil permanent.
Ailleurs, comme aux îles Salomon, les parents peuvent détruire certains biens du défunt (pirogue, pagaies, arbres, maison, etc.). Ces effets personnels, considérés comme inaliénables, doivent disparaître avec leur propriétaire. On allait même jusquà sacrifier sur la tombe dun chef ses esclaves, son ou ses épouses(s) ainsi que ses enfants (entre autres, aux îles Fidji et aux îles Carolines, comme on le faisait dans lÉgypte ancienne et ailleurs). La mort devenait alors un fait social collectif. Ainsi, un Grand Homme ne disparaissait jamais seul; il emportait avec lui une partie du groupe social et économique quil contrôlait. On connaît aussi d'autres formes d'expression du deuil dans le cadre de funérailles, beaucoup moins douloureuses, qui consistent à se raser le crâne et la barbe (par exemple, aux îles Sandwich) ou, au contraire, à se laisser pousser les cheveux et la barbe pendant toute la période de deuil (Îles Salomon).
Dans la plupart des régions de lOcéanie, les lamentations cérémonielles et les chants funèbres font partie des funérailles et peuvent durer plusieurs jours après un décès. À Malaita, des chanteuses spécialisées, accompagsnées par un chur de femmes, interprètent des mythes apparentés à celui dOrphée : un héros culturel se rend dans l'au-delà pour en ramener son épouse, mais, violant un tabou, il perdra définitivement celle qui le suivait pour rentrer chez les vivants. De longs churs de lamentations entrecoupent les strophes de ces chants. Des rituels funéraires élaborés, comportant des danses et des sacrifices, ont ensuite lieu environ tous les deux ans et se poursuivent pendant deux décennies.
Souvent les funérailles donnent lieu à des festins qui impliquent labattage et la consommation de cochons et léchange rituel dobjets de valeur comme des nattes, tapas, monnaies, etc.
Pierre Maranda, 2000
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