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Monnaies d'échange
1968
Malaita septentrionale, îles Salomon
Un chef de lignée a déposé sur une natte une somme imposante de monnaie de coquillage; elle va servir à rémunérer un autre chef, celui qui a amené les danseurs de son clan pour exécuter les chorégraphies faisant partie des grandes cérémonies du cycle des funérailles chez les Lau de Malaita. Les danses qui suivent obligatoirement les sacrifices de cochons rendent un culte aux esprits.
Or de telles prestations et contre-prestations appartiennent à un délicat équilibre d'échanges entre clans. Une relation de réciprocité fait que l'obligé d'un temps devient l'obligeant d'un autre temps. Une solidarité sociale en a résulté il y a plusieurs générations et elle continue de se consolider au fil des décennies. Les monnaies ne servent donc pas à l'accumulation de richesses, elles servent plutôt d'instruments de rapports sociaux qui maintiennent et renforcent une synergie qui prévaut sur d'éventuelles velléités d'agression.
Photo : Pierre Maranda
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