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Danse Tahitienne
Tahiti, Polynésie française
Images : Pierre Maranda, 1966-68

Un grand-prêtre et son assistant transportent des crânes -- reliques des
morts de son clan -- emballés dans des "kaufe". Après tout décès et les premières funérailles qui l'accompagnent, le prêtre aura détaché les crânes des cadavres lors d'un rituel spécifique. Il les a ensuite entreposés dans une maison qui sert de "mausolée". Ils y demeureront jusqu'à la mort de ce grand-prêtre lui-même, dont le fils prendra la relève. Une fois que ce dernier aura détaché le crâne de son père et l'aura déposé (p. ex., dans un
reliquaire en forme de bonite), d'imposants rituels suivront sur plusieurs années. À leur terme, le nouveau grand-prêtre procédera aux dernières funérailles. Il amènera en premier le crâne de son père à la fosse aux crânes -- sise dans le sanctuaire du clan --, puis ceux des autres défunts. Le crâne du grand-prêtre conduira donc les autres crânes vers leur
sépulture finale. Ainsi les prêtres lau essaient-ils de s'approprier la fonction procréatrice des femmes : ils mettent au monde invisible ceux à qui leurs femmes avaient donné naissance dans le monde visible. Les écheveaux de monnaies de coquillages font partie des honoraires que touche le grand-prêtre pour l'accomplissement de ce rituel; ils s'ajouteront au capital que gère le chef de son clan.
Photo : Pierre Maranda
 

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