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Hangars à copra
Le copra est le nom donné à lamande de coco décortiquée et séchée. Lhuile quon en extrait sert à la fabrication de savon, de parfum, de margarine, de nitroglycérine, etc. Ce produit a fait lobjet dune exploitation commerciale internationale intensive depuis le milieu du 19e siècle jusquau milieu du 20e. Aux côtés des industries du café, du sucre, du cacao, du coton et, plus récemment, du caoutchouc, celle du copra a particulièrement transformé les sociétés océaniennes. On peut associer lintensité de cette activité dans le Pacifique aux conditions climatiques et sociales favorables à sa production. En effet, contrairement à la culture de la canne à sucre, celle de la noix de coco dont est issu le copra est relativement simple et pouvait, au début de lexploitation commerciale, être entreprise par des insulaires.
Avec lessor de cette industrie, les petits producteurs locaux indépendants se sont multipliés, de même que dimportantes plantations étrangères où les travailleurs insulaires sous contrat, souvent exploités et à peine rémunérés, étaient engagés et recrutés de gré ou de force. Des milliers de personnes ont ainsi abandonné leurs activités ancestrales de jardinage et délevage qui leur permettaient de sautosuffire, pour bénéficier des profits alléchants du copra. Dans ces plantations, les travailleurs indigènes en provenance de divers groupes ethniques ont commencé à se côtoyer et ont développé, pour communiquer, la langue pidgin.
Pour le traitement du copra, il faut des séchoirs. Les insulaires construisent donc à cette fin un hangar muni de tablettes à claire-voie permettant dexposer les amandes de coco à laction du soleil ou à la chaleur dun feu. Dans le cas où les amandes sont exposées au soleil, on les met à labri la nuit venue pour les protéger de la rosée ou de la pluie. Cest à partir de la chair séchée de ces amandes quon produit une huile comestible, prisée par les Européens. Il y a des hangars à copra dans chaque hameau où on cultive les cocotiers; on y entrepose le copra en attendant larrivée des bateaux de collecte.
Au début de la période dexportation, le copra était fabriqué sur place par les insulaires. Après la Seconde Guerre mondiale, on exporta la matière première en Occident où on mit sur pied des industries garantissant la salubrité du processus de transformation, excluant les Océaniens de cette partie du travail. Pendant la guerre, lindustrie du copra a entamé un déclin qui saffirma à la fin du 20e siècle. Aujourdhui presque entièrement disparue à grande échelle, elle emporta avec elle une bonne part des emplois et investissements locaux. Elle subsiste cependant à petite échelle dans bien des îles.
Hélène Giguère, 2000
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