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Jeunes
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| Jeune fille coiffée à la mode |
Lun des traits caractéristiques les plus frappants des pays du Pacifique est la jeunesse de la population.
Traditionnellement, dans les villages, les enfants grandissent à l'intérieur d'un encadrement familier, plutôt tolérant, et sous l'il bienveillant de leurs nombreux parents. À voir et à imiter leurs aînés, ils apprennent quasi spontanément à se comporter selon le mode de vie prédominant. Seuls, certains enfants de chefs, de prêtres, ou d'autres dignitaires, dans certaines sociétés océaniennes à structure hiérarchique, devront se soumettre à une éducation et à un apprentissage exigeants. Ils se familiariseront avec les impératifs des fonctions qu'ils occuperont à l'âge adulte et commenceront, jeunes, à observer les tabous propres à leurs statuts respectifs. Alors qu'ils devront apprendre généalogies, mythes, formules rituelles et magiques, ainsi que se former à diriger leur communauté, les autres auront une vie facile (comme celle des jeunes dans les sociétés sans hiérarchie héréditaire). Ces derniers apprendront, eux aussi, mais de façon plus détendue. Consacrant la plus grande partie de leur temps à des jeux (éducatifs, certes, mais peu contraignants), ils s'associeront aux travaux des adultes avec plus ou moins de constance et de détermination. Là où on pratique des rites d'initiation, les jeunes affronteront des épreuves qui les transformeront en membres responsables de leur société.
Depuis l'instauration d'écoles, l'assiduité des élèves laisse souvent à désirer. Quelques familles, plus ambitieuses que d'autres pour leur progéniture, prendront des mesures disciplinaires afin dassurer une fréquentation régulière des cours par leurs enfants, surtout lorsqu'ils doivent acquitter des frais de scolarité élevés en termes de revenus locaux. Plusieurs autres, par contre, se montrent indulgents devant le peu d'intérêt de leurs enfants à apprendre la manière des Blancs.
Les jeunes qui ont de linstruction ont plus de chances de trouver un emploi et de sinstaller de façon permanente en ville. Ils doivent alors assumer de lourdes responsabilités: envoyer une partie de leur salaire à leurs parents restés à la maison, aider les parents et les wantoks en visite, et soccuper des nouveaux arrivants de la province. Cest dans ce contexte quils se font des amis parmi leurs camarades de classe ou leurs collègues de travail (wanwok), à léglise ou dans le cadre dactivités sportives. En sassociant à des gens qui, comme eux, sont assaillis de demandes incessantes de la part de leurs wantoks, il leur est plus facile de supporter le fardeau que représentent leurs proches. Ces amis, considérés également comme des wantoks, se soutiennent émotionnellement et séchangent de petits cadeaux. En général, cette culture est celle des citadins pauvres qui effectuent toujours des échanges avec leur milieu dorigine.
Les jeunes établissent aussi des amitiés interethniques en pratiquant des sports, en participant à des activités de loisirs organisées par leur église ou simplement en se liant avec leurs voisins. Ces relations entre wantoks sont entretenues par des visites et des échanges de petits cadeaux. Dans une ville aussi violente que Port Moresby, un tel réseau constitue une sorte de police dassurance contre les voyous (raskol).
Jean-Marc Philibert et Pierre Maranda, 2000
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