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Maisons allongées
Les activités de subsistance ainsi que la nécessité de se protéger contre les raids dautres groupes dominaient jadis le mode de vie de la plupart des Mélanésiens. La construction de maisons allongées répondit surtout à la seconde de ces deux priorités. On les bâtissait habituellement sur une crête et les entourait dun jardin partiellement dégagé, pour assurer un premier plan de protection contre les attaques surprises. Comme ouvrage de défense immédiate, on les munissait d'un porche élevé ou d'une plate-forme de combat.
Chez les Samos de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les maisons allongées pouvaient loger entre 25 et 50 personnes autour dun noyau dhommes initiés au cours de la même période. Il fallait des mois de travail collectif pour construire une maison allongée en utilisant différents matériaux (bois de fer pour les piliers, feuilles de sagoutier pour le toit, rotin et lianes). On divisait leur intérieur en fonction des activités sociales et cérémonielles qui s'y déroulaient. En général, les maisons longues contenaient des statues, tablettes votives et autres représentations d'ancêtres et esprits. Certaines, monumentales, surtout dans la région du Sepik en Papouasie-Nouvelle-Guinés, servaient de maisons des hommes.
Lorsque les récoltes diminuaient suite à l'appauvrissement du sol, le groupe cherchait un autre site dans la forêt et le cycle de construction et de jardinage recommençait. Au fil du temps, les groupes parcouraient toute la région et finissaient par retourner au site de la première maison allongée ou du jardin quils avaient quitté jadis, le sol ayant été, entre-temps, enrichi naturellement par la forêt.
La fin des guerres tribales rendit inutiles les structures défensives. En outre, les gouvernements coloniaux établirent, pour des raisons administratives, des villages où ils attirèrent les populations des sites éloignés ou les forcèrent à s'y installer. Cette concentration démographique accentua toutefois la pression sur les ressources et les sols environnants. Les gens durent passer de plus en plus de temps loin du village pour cultiver leurs jardins. Certains construisirent alors dans la brousse de petites maisons quils utilisaient comme abris temporaires, une pratique qui existait d'ailleurs déjà avant l'arrivée des Européens.
La reconstruction, le moment venu, de la maison allongée du village commença à poser des problèmes, puisque les gens navaient plus de temps à consacrer à cette tâche ou utilisaient à dautres fins les matériaux requis. On en vint donc à construire des maisons plus petites pour les familles nucléaires. La vie dans les villages a donc amené les Samos et d'autres constructeurs de maisons allongées à redéfinir leur maison qui, de lieu défensif, social et cérémoniel, devint avant tout un endroit pour dormir.
Jan Rensel, 2000
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