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Maisons de rencontres
Une légende des îles Gilbert raconte que les premiers envahisseurs samoens ont commencé par ériger des maisons de rencontres à leur manière lorsquils arrivèrent en territoire gilbertain. Ces maisons, de même que lespace qui les entoure, seraient devenues le point central des districts et les premiers lieux publics permettant les rencontres et laccueil des visiteurs.
En Micronésie, les maisons de construction récente adoptent le modèle des maisons allongées traditionnelles. Bien quelles servent plutôt aux cérémonies, aux réunions hebdomadaires et à lhébergement des invités, les maisons de rencontres font lobjet dautant de fierté et symbolisent autant lidentité collective que les maisons longues anciennes où plusieurs familles résidaient.
Sur lîle de Weno, la responsabilité financière pour la construction et lentretien de ces maisons relève de la municipalité et non des contributions dune communauté. Ce passage de lobligation communautaire à la responsabilité civile démontre bien la transformation de lallégeance politique et le désir dorganiser des services pour la collectivité tout entière.
De nos jours, comme les maisons modernes desservent des individus ou des familles nucléaires, on met laccent sur le domaine privé plutôt que sur lorientation collective (par exemple, avec les maisons allongées). Néanmoins, les maisons de rencontres et leur espace extérieur témoignent de la continuité de lengagement des individus dans des actions et des valeurs communautaires. Le lieu central du village où est érigée cette maison, près de léglise et de lécole, devient alors symbole dunité et de ressource communautaire.
Dans les communautés qui ne possèdent pas de hangar à pirogues, la maison de rencontres est à la fois un centre de rassemblement pour divers événements et festivités et un lieu dhébergement des visiteurs et des pirogues. Les maisons de rencontres dans les communautés de migrants jouent les mêmes rôles que dans les communautés locales. On peut toutefois les regrouper avec un autre type de maisons collectives, c'est-à-dire les maisons de la culture.
Hélène Giguère, 2000
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