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Mort
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Crâne surmodelé
Objet 3D [933 Ko] |
Dans la plupart des langues, on désigne la mort par des euphémismes comme le « dernier repos », le « trépas », la « disparition », le « grand départ », « rendre l'âme », etc. Par ailleurs, maintes sociétés océaniennes utilisent le même terme pour décrire la mort et lévanouissement (Mélanésie) ou la mort et le sommeil (Polynésie). Les Océaniens considèrent lévanouissement comme une mort partielle le début dun processus qui naboutit pas. Pour eux, la mort est graduelle; elle débute par le dernier souffle et se poursuit durant quelques jours jusquà lachèvement des funérailles. Lêtre humain possède plusieurs « âmes », formant son moi, qui doivent quitter le corps lune après lautre. Un certain nombre de mythes océaniens concernent lorigine de la mort il sagit, dans bien des cas, de lhistoire dune vieille femme ou dun serpent qui ne peut retrouver une nouvelle peau après s'être dépouillé de l'ancienne pour prendre un bain.
Les morts peuvent ressusciter. Dans les mythes, bien sûr, mais aussi dans la vie courante. Ainsi, chez les Lau de Malaita, les défunts reviennent occasionnellement à la vie lorsquils échouent à lexamen dentrée dans le Pays des Morts. Cet examen un questionnaire porte sur la généalogie du défunt, qui doit posséder une connaissance adéquate de son ascendance afin de trouver sa place au sein de la communauté des esprits. Le mort qui échoue à lexamen revient à la vie, mais sourd-muet.
Comme partout ailleurs dans le monde, les causes de décès varient. Les Océaniens enquêtent cependant sur toute mort « inhabituelle ». Dans les cas de décès suspect, ils font appel à la divination, puisquun décès imputé à la magie noire obsédera les parents du défunt et réclamera vengeance. Une vendetta chose fréquente dans les sociétés océaniennes pourra donc sensuivre. Elle causera des morts violentes, impliquant la chasse aux têtes, les meurtres de « purification » et les sacrifices humains (associés ou non au cannibalisme).
La mort nentraîne pas une rupture radicale des relations sociales. Les vivants et les morts continuent donc dentretenir des rapports, bons ou mauvais. Les prières, les offrandes et les sacrifices servent à maintenir une synergie entre les habitants du monde visible et ceux de l'au-delà. Les défunts manifestent leur mécontentement ou communiquent avec leurs survivants de plusieurs manières, notamment, par des rêves et des présages.
À Malaita et aux îles Salomon, les ftus expulsés avant terme et les enfants morts-nés se transforment en fantômes et senvolent dans la jungle, où ils peuvent faire du tort à ceux qui, par mégarde, se trouvent sur leur chemin.
Pierre Maranda, 2000
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