|
|
 |
Parures
 |
 |
 |
 |
| Hommes en tenue d'apparat |
En Océanie, comme ailleurs dans le monde, on distingue lornementation corporelle permanente (tatouages et scarifications) de lornementation temporaire (bijoux et vêtements). Mais, dans certaines sociétés, on tatoue la reproduction de bijoux sur le corps, ce qui permet de les conserver pour toujours sur soi.
Il existe des bijoux, parfois fort précieux, qu'hommes et femmes portent tous les jours, et d'autres toujours précieux qu'on réserve pour les grandes cérémonies et les danses rituelles. Parmi les premiers, on voit souvent des amulettes ou des talismans. Parmi les seconds, somptueux, plusieurs pèsent lourd quelques kilos à cause de leur matière (écailles de mollusques).
Des spécialistes des « joailliers » mettent beaucoup de soin et d'art à façonner les bijoux traditionnels, objets de grande valeur. Ils consacrent de longues heures à sculpter, polir et graver des morceaux de bénitier géant (tridacne) et d'autres coquillages, à ciseler des écailles de tortue en motifs ajourés, à tresser très finement des fibres végétales pour en confectionner des bracelets ou des garnitures de peignes ornementaux, à fabriquer des brassards ou des pectoraux, à perforer les racines de dents de dauphins pour les enfiler afin d'en faire des bandeaux frontaux et autres atours.
De tels bijoux ont une valeur de monnaies déterminée et sont utilisés pour l'acquisition de biens et de services. Ainsi, les colliers et autres parures qu'on portera lors de cérémonies importantes serviront, par exemple, de compensation matrimoniale. On en utilisera aussi pour l'achat de cochons, de légumes, d'une pirogue. On en donnera en rémunération pour services contractés : à des prêtres pour des sacrifices; à un chaman ou à un guérisseur pour traiter une maladie, à une troupe de danseurs qu'on engage pour une cérémonie; à des travailleurs pour la construction ou la réparation de maisons. Dans certaines sociétés, les nattes et les tapas qui, eux, appartiennent à la catégorie de vêtements d'apparat remplissent aussi une fonction monétaire.
De nos jours, on voit portés en Océanie nombre de colifichets et bijoux importés les uns de pacotille, les autres, par exemple en or. Une fleur d'hibiscus sur l'oreille, soucieux de leur apparence, les insulaires continuent d'aimer se parer dans la vie quotidienne tout autant que lors de festivités.
Pierre Maranda, 2000
|
|